LES CONTES DU BOIS DE ROZ

Les Contes du Bois de Roz, couverture

Je vous ai parlé, dans l’éditorial de ce journal, de mon premier livre Les Contes du Bois de Roz paru en 1998. Le point de départ de mon aventure littéraire, que je vous invite aujourd’hui à poursuivre au travers de mes articles. Pour ceux d’entre vous qui ne me connaissent pas encore, et pour les lecteurs de mes débuts qui m’ont incité à continuer, je mets à disposition dans cette page quelques extraits des Contes du Bois de Roz…

Bonne lecture !

AU BOIS DE ROZ

            Je me souviendrai longtemps, très longtemps de ce dimanche sept février. Pendant des jours, il avait plu, et ce matin là, la pluie avait cessé. C’était ma troisième saison de chasse.

            La battue avait lieu au bois de Roz, sur les terres de Monsieur de la Peyrade. Ce nom évoque une autre époque, les premiers temps de notre arrivée à Limerzel.

            Des arbres centenaires, la pierre grise du manoir contre le ciel bleu. Ces formes nouvelles, ici, pour l’oeil ; le mystère de ces lieux où je pénètrai pour la première fois. Quand je suis arrivé sur l’avenue, je me suis dit que posséder ces arbres, ces champs, cette vue unique donnait une autre conception de l’existence.

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LE JOUR DU RENARD

          A cette époque, à Limerzel, courait sur la lande la bruyère sauvage, poussaient la primevère au bord du ruisseau, les fragiles campanules. A l’époque dont je vous parle, si lointaine et si proche à ma mémoire, le chasseur fatigué pouvait, au soir d’une belle journée, se reposer au pied d’un saule, goûter la fraîcheur d’une cressonnière, écouter le doux chant de la rivière.

            C’était ma première année de chasse. Aujourd’hui, que mes cheveux gris et mes rides donnent à mon visage la sérénité des jours passés, que la chasse m’a tout donné, je peux avouer que mes débuts furent difficiles. « Je ne mettais pas dedans ». L’envol de la perdrix, du faisan, le démarrage du lièvre me surprenaient à tel point que j’étais incapable de viser. Bien pire encore était l’attente, la certitude que l’animal était là. Le chien Dick à l’arrêt, couché sur les feuilles mortes ; pas de doute, la bécasse piétait sous le couvert. Le premier moment de satisfaction passé, je me préparais au départ de l’oiseau. Une seconde, deux secondes, trois, dix secondes, me répétant : il faut attendre ; imaginant la direction de son départ. Puis, la mordorée, dans tout l’éclat de ses jolies ailes, s’envolait. Au revoir et merci. Mes deux coups étaient lâchés : « trop tôt » me disait le Père Jean, « tu tires trop tôt, il n’est pas permis de rater en belle comme ça ».

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LE ROI DES BECASSES

          Job LE PENDU était le Maire d’une petite commune du pays Gallo. C’était un Maire heureux : un quatrième mandat, une usine à faire des saucissons pour la taxe professionnelle, une équipe de football en tête du tableau, et la décharge publique chez le voisin.

            Bref, tout allait bien, et Job pouvait envisager l’avenir avec optimisme jusqu’au jour, au funeste jour devrais-je dire, où Monsieur le Maire fut invité avec Madame à dîner chez Monsieur le Conseiller Général. Oui, j’ai bien dit le Conseiller Général et sa moitié, souriante, enjouée et excellente cuisinière. Car Madame COLEMOU née de       LA BRETONNIERE, avait préparé des rôtis de cailles avec en entrée de la terrine de faisandeau, arrosés de Nuits Saint Georges.

            Madame le Maire fit ses compliments à Madame le Conseiller Général, non sans laisser entrevoir une légère, mais très légère pointe de jalousie, qui ne fut pas sans importance à ce stade de mon histoire.

            En effet, l’épouse de Monsieur le Conseiller tenait sa maison comme son mari le canton : avec ordre.

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Le Télégramme parle de Laurent Maljan et de ses histoires de chasse en Bretagne…

C’était il y a presque 20 ans…

Un grand merci au télégramme pour cet article !

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