Vous avez loué un vélo. Après avoir hésité entre une auto, c’est cher, et un scooter, c’est cher, vous avez décidé, une île c’est plat, d’aller au bout de votre démarche et d’utiliser le moyen de locomotion le plus écologique : le vélo.

         Ça part d’un bon sentiment ! Car une fois que vous avez quitté le port du Palais, vous êtes confronté à la réalité topographique de l’île, il y a des côtes.

         Mais qu’importe ! Plein d’ardeur, attentif à votre progéniture qui pédale en queue de peloton, derrière la maman, vous optez, après un rapide coup d’œil sur la carte, de rallier Sauzon.

         Et là, dans un champ, du côté de Kergostio, nous sommes en octobre, vous voyez deux hommes avec un fusil, habillés de kaki, qui vous ignorent, et vous découvrez la deuxième manière de connaître Belle-Ile : la chasse.

         Alors là ! Ce n’est plus pareil. On ne joue plus dans la même cour. Autant la randonnée peut passer pour un aimable passe-temps, autant la chasse relève du sacerdoce. C’est un graal,  la secte la plus fermée de cette espèce en voie de disparition qu’on nomme les chasseurs, et c’est le moyen le plus affirmé de s’approprier ces vallons étroits, ces étendues herbues.

         Belle-Ile est une île, ne l’oubliez pas !

         Qui a chassé à Belle-Ile peut, du jour au lendemain, s’arrêter, remiser le fameux fusil, le devoir accompli. Ce qu’il aura vu, entendu, lui servira de souvenirs pour ses vieux jours.

         Mais comment peut-on être chasseur à Belle-Ile ?

C’est un hasard. L’existence est drôle parfois. J’avais rencontré Maître Jacques, un avocat d’autrefois, l’époque des seigneurs, qui se serait damné pour un bon mot, lorsque l’affaire est bien engagée et que les magistrats, sentant venir le terme de la plaidoirie, se sont redressés.

         Passé cinquante années, il s’était organisé une vie agréable entre travail et loisirs. En effet, il se partageait entre ses « gros dossiers », principalement des affaires pénales, qu’il adorait, et où il excellait, fort d’un timbre de voix remarquable et d’un aplomb sans mesure, et la chasse. C’était une passion de jeunesse, lorsqu’il suivait son père dans les plaines picardes. Il avait connu une enfance difficile entre la rigueur d’un officier de cavalerie et les absences de sa maman. Il avait d’ailleurs, hérité de son géniteur, une raideur qui pouvait passer pour du maintien.

         Chasser avait été le grand bonheur de sa jeunesse. Après des semaines d’internat en uniforme, c’était après la guerre, il aimait à retrouver ces sillons gras d’où partaient, sous les bottes des adultes, de gros lièvres qu’il était fier d’arborer, arrivé au château, dans chacune de ses mains. C’était une époque bénie où l’éducation d’un jeune garçon pouvait passer par la chasse.

Tous les ans, à l’ouverture,  il débarquait au Castel, navire amiral de la flotte hôtelière belliloise, prenait alors possession de sa chambre, toujours la même, avec vue sur la ria. Il avait en effet défendu, il y a quelques années, un marin pêcheur qui, saoul comme un cochon, avait arraché, d’un coup de dent, l’oreille de l’amant de sa dame, un grand classique. Il s’était rendu sur place, voulait voir les lieux, le bar, où le ton avait monté, le parking, où ils s’étaient poursuivis, l’un tenant dans sa main son oreille ensanglantée, et relever le détail, c’était sa spécialité, qui jetterait le doute dans l’esprit des magistrats. Ce soir-là, il resta sur l’île, trop fatigué.

         Le lendemain, en attendant le bateau, et pour s’aérer, il loua un véhicule pour effectuer la trilogie du touriste pressé : Sauzon, Les Poulains, et les Aiguilles de Port Coton.

         Dans le bateau qui le ramenait, il décida qu’il reviendrait.

         C’était un personnage haut en couleur, connu de tous les Belle-Ilois, il n’y eut pas une affaire qu’il ne défendît pas.

         C’est plein de gibier ! Surtout lecteur ne le répète pas. J’ai juré à mes amis de ne rien divulguer de ce pays de cocagne. Les faisans pullulent, les lièvres vous partent dans les pieds ; je ne parle même pas des lapins.

         Il vous faut un chien, un vrai, setter de préférence ; un avaleur d’air, une ombre sur la plaine, un quêteur d’absolu ; un de ces chiens ardents qui semblent survoler la terre. Vous l’aurez pris dans un élevage sérieux. Vous l’aurez choisi dans la portée, quand il n’est qu’une boule de poils noirs et blancs, sans vous tromper. Car, en cas d’erreur, tomber sur un chien écolo, batifoleur, qui ne pense qu’à s’amuser, c’est foutu pour dix ans, la durée de vie de votre compagnon. Mais vous n’aurez pas commis d’erreur ; d’ailleurs, un vrai chasseur a toujours un bon chien, et quand la boule de poils grandit, et qu’elle devient incontrôlable, vous pensez à cette île au loin dans la mer et à la merveilleuse équipe que vous formerez.

         Mais comment l’appeler ? Je vous conseille de l’appeler Cheyenne, d’abord parce que c’est beau, comme le nom de ces tribus insoumises de la lointaine Amérique, comme cette femme un peu sauvage sur le bateau.

         Pour le moment, vous l’entraînez : « Assis, couché… » Vous pouvez essayer le « apporte ! », moins évident. Vous l’observez arrêter les merles, tous les oiseaux, menu fretin de la création, qui colonisent les jardins. J’ai dit « arrêtez ». Oui ! Car peut-être ne le savez-vous pas, mais ces chiens élégants et racés, en costume noir et blanc, prennent, en présence du gibier, la pose d’une statue. Dans les terres, en novembre, lorsque les bécasses, fuyant les contrées inhospitalières du nord de l’Europe, viennent se reposer dans les bois de notre beau pays, on met autour du cou de nos chiens une clochette. Ça sonne clair, c’est la petite musique des matins d’automne, et ça vous renseigne avec certitude, lorsqu’elle cesse subitement de tinter, sur la présence du bel oiseau.

         Sur Belle-Ile, nul besoin d’une campane, nos compagnons chassent sous nos yeux. Ils vont aussi loin que votre regard porte, d’une course rythmée, leurs soies volant dans le vent. Parfois, vous les perdez de vue quelques secondes, et puis ils réapparaissent. Courent-ils sur la mer ? Ont-ils décidé d’aller voir plus loin ? Non ! Ils reviennent toujours à leur maître.

         Mais c’est le jour J !

         Vous êtes très fier de montrer votre nouveau compagnon. Dans la gare maritime, c’est l’effervescence de l’ouverture. Les quelques lève-tôt sont surpris par cette cohorte de chasseurs et de chiens. Ça y est ! Il faut embarquer. Et la première difficulté commence : expliquer à votre compagnon qu’il faut monter sur le bateau, et prendre l’escalier qui mène à la cabine. Cheyenne a décidé de refuser l’obstacle. Cet escalier est trop raide. Alors, vous vous emparez de la belle et la déposez un peu plus haut, sous le regard amusé des touristes et des autres chasseurs.

         Il vous faut également des compagnons. Certes, vous pouvez décider d’arpenter ces étendues sauvages avec pour seul compagnon la fidèle Cheyenne. Mais le temps est long à Belle-Ile et il peut arriver, entre ciel et mer, par une après-midi morne et grise d’octobre, avant l’arrivée de la pluie, qu’un indicible émoi vous saisisse ; qu’un sentiment de solitude puissant vous étreigne. Vous regardez autour de vous, à la recherche de repères, une maison, un lieu connu ; vous tentez de retrouver la relation sereine que vous entretenez avec cette terre, mais en vain. De lourds nuages courent sur l’horizon, la mer hier encore calme, est agitée de soubresauts ; un vent tranchant comme un rasoir, par intermittences, vient vous provoquer. Belle-Ile ne pardonne pas, je vous le disais, et peut se montrer cruelle, et vous rappeler que vous n’êtes qu’un pantin, un pauvre humain en transhumance, un locataire en sursis.

         Il vous faut des marins pêcheurs, car la pêche est sœur de la chasse. Traversant les étendues herbues du Herlin ou du Donnant en leur compagnie, vous aurez le sentiment, les regardant, d’approcher un peu plus la réalité d’une île. Une île appartient à la mer et à ses travailleurs. Vous les regarderez fouler la terre, parfois avec maladresse ; apprécierez la justesse de leurs observations surtout en matière de temps qu’il va faire.

         Il vous faut également un expert quelque chose. C’est vrai ça peut servir ! Il aura un avis sur tout. Vous le verrez traverser les plaines infinies du Herlin, son fusil à l’épaule, son téléphone greffé à l’oreille, prodiguant ses conseils. Puis, au bout de quelques minutes d’un long monologue, son interlocuteur vaincu, il raccrochera. Il aura alors cet air entendu. Un nouveau client ou le plaisir de revenir parmi nous ? Vous ne pouvez pas vous tromper. Une longue silhouette avec des lunettes à la Harry Potter, et un setter belton, sa véritable passion. Car mon ami est un amoureux des chiens, setters de préférence. Le tir, la balistique l’ennuient profondément ; il suffit de l’observer. Une fois envolé le faisan qu’il a salué sans conviction, il n’a d’yeux que pour son compagnon, qu’il caresse longuement.

Choisissez des hommes, des vrais ! Un marin pêcheur taciturne, un expert-comptable bavard, un rentier, ça fait plaisir par les temps qui courent, mais des chasseurs. Sur leur visage se lira leur histoire, comme dans un livre. Le soleil aura apposé sa marque sur leur peau. Bien sûr, il y aura des coups de chaud, des fâcheries, car ce sont tous de forts caractères ; on ne passe pas quatre mois de l’année dans les bois, au contact des chiens, sous la pluie, parfois sous le soleil, sans une personnalité affirmée.

         Ils seront vos compagnons. Ce ne sont pas des copains, ce ne sont pas des amis ; c’est plus que ça. C’est la chasse, et ça ne ressemble à rien d’autre.

         Parfois, vous approchant du sentier côtier, vous apercevrez des randonneurs mais eux ne vous verront pas. Vous tomberez nez à nez, ça arrive,  voulant traverser une route avec vos chiens, sur une petite famille à vélo. C’est plus délicat ! Le monsieur, vous regardera avec étonnement ; ayant abandonné le temps d’un week-end l’écran de son ordinateur, il a du mal à vous situer entre le guerrier indien et le maquisard et ne sait s’il doit engager la conversation. La dame montrera un peu d’appréhension. Les enfants, ravis de retrouver des personnages de bande dessinée, n’auront d’yeux que pour les chiens. Cheyenne viendra peut-être les saluer ?

         Vous leur direz bonjour avec conviction et sympathie, et la maman, rassurée, vous donnera du bonjour et un beau sourire. Ça leur fera des souvenirs et ils seront heureux de dire à leurs amis qu’ils ont vu des chasseurs, des vrais, qu’ils avaient pris dans un premier temps pour des sauvages ou des Indiens.

         Et Maître Jacques? Alors ?

         Les hasards de l’existence. Nous nous  rencontrâmes à la chasse, quelque part en Sologne, dans une de ces chasses à la journée où le gibier est lâché la veille, et où les repas, dans ces longues chaumières à colombages, sont l’occasion de converser avec des gens courtois et bien élevés.

         Maître Jacques avait la verve de sa corporation. Il était intarissable. Le procès qu’il allait gagner, ses chasses en Afrique, en Argentine, qui faisaient rêver, et tout le monde se laissait prendre, le vin aidant, par la magie du nom de ces contrées lointaines, tout en continuant de bavarder avec ses voisins ; chacun, ne voulant pas être en reste, y allait de son petit voyage, en Irlande, à la poursuite des petites demoiselles, les bécassines, la grouse en Ecosse, les perdrix de l’Atlas marocain, et il sembla, à un moment donné, qu’il se fût agi d’un vaste concours entre gens fortunés, qui pouvaient se permettre ce genre de voyages, et qui voulaient en mettre plein la vue, jusqu’à ce qu’un nom soit prononcé, et que sonna l’arrêt immédiat de ce catalogue d’agence de voyages. En effet, Maître JACQUES prononça le mot « Belle-Ile ! »

         A ce nom, l’auditoire se tut.

         Car tout chasseur du continent sait qu’à Belle-Ile, ça ne rigole pas.

         Quelques semaines plus tard, j’étais dans le bateau. J’y aperçus la famille aux vélos.

         Il m’attendait sur le quai. Il vous mettait la main sur l’épaule, créant cette intimité propice aux confidences, cette relation que vous pouviez prendre pour de l’amitié. « Alors ? Mon ami, racontez-moi ! Ce voyage ?… ! »

         Il était friand des histoires, la faiblesse des hommes, les histoires de cul, les soucis d’argent… Pensait-il au rendez-vous qu’il accorderait à la dame trompée ; tirait-il de ces heurs et malheurs matière à ses plaidoiries ; je ne sais pas. Il n’avait pas encore gagné dans le procès du « déméton », ce funeste médicament, cette affaire retentissante, eu égard au montant des indemnisations qu’il obtint pour ses clients, et qui allait asseoir sa réputation de dur bretteur.

         Il venait jusqu’à la descente du quai vous accueillir ; vous prenait par l’épaule, disait un mot au chien que vous teniez en laisse, et vous poussait dans la voiture. Il saluait au passage la boulangère, le retraité de la marchande, et le chef d’entreprise fatigué qui avait trouvé sur cette île le havre qu’il recherchait. Il est vrai que c’est reposant. Il avait cette politesse exquise, cette courtoisie de prétoire qu’il réservait à chacun de ses interlocuteurs qu’il fut petit ou grand.

         Il adorait les histoires de chasse. Il voulait tout savoir, la bécasse manquée, ce coup fabuleux sur un lièvre de six livres. Il connaissait tout de sa passion, parce qu’il avait chassé sa vie durant, qu’il avait tout connu, l’époque glorieuse de l’après-guerre, les années de disette, et les voyages dont il avait ramené les trophées les plus extraordinaires.

         Mais ce qu’il préférait, c’était le lièvre. D’abord sa chasse, au chien d’arrêt, ce qui pourrait, pour certains chasseurs, passer pour une hérésie, et ensuite sa cuisine, et le fameux plat : le lièvre à la royale ; car Maître Jacques était un fin gourmet.

         Le lièvre est le gibier culte de Belle-Ile. Rien à voir avec ces faisans que les touristes prennent pour des oiseaux de lâcher ; que le petit garçon de la famille à vélo tente d’attraper, et qui s’envole avec fracas.

         Il existe deux façons de le chasser. Vous pouvez le faire à la Belle-Iloise ; c’est-à-dire réunir tous les membres de la famille, des plus vieux aux plus jeunes, et marcher en ligne, à travers les pâtures à moutons ; quelques springers et labradors complètent l’équipage. Les lièvres tapis dans l’herbe se lèvent, entendant le pas des chasseurs. C’est un petit ballet étonnant le jour de l’ouverture ; toutes ces voitures garées, et ces lignes de chasseurs, passant d’un champ à l’autre.

         Vous pouvez également faire confiance au chien d’arrêt. Cheyenne s’élance, décrivant ces cercles harmonieux et limpides, autour du chasseur. D’abord serrés, ceux-ci s’élargissent, jusqu’aux haies les plus lointaines, au risque parfois, il est vrai, de voir s’échapper le capucin. Mais c’est si beau, cette course, les soies au vent ; ce rythme méthodique, cette liberté. C’est comme une musique, les doigts du pianiste qui fouleraient les herbes folles du Herlin. Mais le chien s’est immobilisé. C’est maintenant une statue de laquelle vous vous approchez le cœur battant car vous savez. Oui ! Vous savez que devant le chien tétanisé, sous son museau humide, se tapit la perdrix, le faisan, et parfois le roi, car il faut un roi à une reine. C’est juste un détail dans la silhouette figée du chien ; la délicate palpitation de la babine, la hauteur au sol de votre chien, qui vous disent, avec certitude, que l’animal est là.

         Après ! Après, c’est du domaine de l’aléa. Je veux parler du tir. Il faut envoyer son coup droit avec suffisamment de calme et de vitesse, tout à la fois. Vous entendrez alors Maître Jacques s’écrier : « Raté ! Raté ! », et vous regarder comme si vous veniez de commettre un forfait. Un coup de massue vient de s’abattre sur vos épaules. Vous avez raté le lièvre. Vous cherchez un peu de mansuétude dans le regard de l’avocat, mais celui-ci remet le couvert, en rajoute : « Raté en belle comme ça !… Mais où étiez-vous mon ami ?… » Vous êtes accablé. Vous cherchez des raisons : comment rater un lièvre de trois kilos qui vous est parti dans les pieds. Je vous le demande. Comment est-ce possible ?

         « Il méritait de vivre ! C’est tout ! Cet animal était plus fort que vous. » Vous êtes totalement égaré, cherchant des repères, des solutions. Vous n’avez pas remarqué le petit sourire aux lèvres de ce coquin de Maître Jacques; trop heureux de faire oublier ses propres déconvenues du matin ; ce couple de perdrix envolé à l’arrêt du chien, qu’il a enfumé de ses deux coups.

         Mais ce n’est qu’un hors-d’œuvre. Si ses propos sarcastiques vous font mal, ils ne sont que les dommages collatéraux des missiles qu’il vous enverra lors du repas, que dis-je, la grand-messe, qui va suivre, où, il officiera, devant une assemblée conquise.

         J’ai chassé pendant des années. J’étais le chasseur que vous avez aperçu au loin, traversant un champ. J’étais un inconnu, un étranger sur cette terre. Les cyprès me regardaient de haut, les perdrix m’ignoraient. Mais je revenais chaque année, je courais comme un beau diable, je ne comptais pas mes efforts, j’avais le feu de la jeunesse.

         J’ai fini par bâtir ma maison, une maison sur le roc. Un jour, bien des hivers étaient passés, j’ai trouvé le repos. J’ai fait la paix avec moi-même ; ça peut vous sembler bête. J’étais un agité, un homme pressé ; je n’avais rien remarqué.

Tous les matins d’ouverture je prends mon fusil. J’ouvre  la porte à Monsieur Inouk, le fils de la dame aux soies dans le vent. Oh ! Ce n’est plus pareil ; Cheyenne avait la grâce, la légèreté d’un elfe. Ses courses s’apparentaient à un ballet. Inouk son fils, seul rescapé de la portée, qu’avec Karine nous avons élevée au biberon, a pris la relève, et fait de son mieux.

Non ! Ce n’est plus pareil ! Maître Jacques est parti. J’ai sur les mains ces taches ambrées, vous savez, ces taches prémonitoires de l’automne,  et puis de l’hiver à venir. Je parcours les crêtes de ces rias profondes, je pousse jusqu’à Ster Vraz ; je sens de temps à autres sur mon visage le vent de la mer ; j’aperçois les toits d’un hameau tranquille, des vagues de blé sur des coteaux ventrus, une voile blanche au loin sur la mer, et ça me ravit.