Le 21 septembre 2015,

Ca devait arriver ! A force de raconter des histoires sans queue ni tête, de parler de Cheyenne, d’Inouk, d’Orcade, mon neveu qui est à la chasse ce que Richard Clayderman est au heavy metal, m’a dit : « mais c’est qui Cheyenne, et le mec qui raconte c’est qui ? »

C’est brut mais ça montre qu’il manque quelque chose, de la communication.

Alors pour mon neveu et pour toi lecteur je vais essayer de camper quelques uns des personnages.

Laurent Maljan ? A ne pas confondre avec Jean Valjean, personnage célèbre des Misérables. Né à Limerzel, petite commune du pays gallo, sur la route des ducs de Bretagne, dans un restaurant qui s’appelait « l’auberge limerzelaise ». Vainqueur de tournois de foot au poste d’avant, dont celui de la Saint Clair, cette institution, le jour ou Yannick Noah, ce grand penseur, gagnait à Rolland Garros.

Après des études chez les jésuites, à Vannes, où, il fut remercié, il se dirigea vers des études de droit, les seuls cours qui vous permettent de lire Jack London tout en écoutant le prof et de chasser la bécasse. Je veux parler du mec sur l’estrade qui s’époumone dans un micro et de ce bel oiseau, qui peut rendre fou, je le sais j’essaye de me soigner, appelé également la mordorée.

Laurent Maljan a gagné un grand prix littéraire dans sa jeunesse qui s’appelle « grand prix de la nouvelle de Nantes et des pays de Loire » pour sortir un livre, quelques années plus tard, qu’il écrivit en regardant ses filles gambader à quatre pattes sur la moquette du salon, je veux parler du best seller « les contes du bois de Roz », qui fut vendu à 500 exemplaires…C’était en 1998 !

Il y a aussi Orcade, le setter le plus têtu de sa corporation. Maljan après avoir chassé sur les terres du « bois de Roz » se prit de passion pour la bécasse. Une passion dévorante qui passait par un élément indispensable : un chien d’arrêt. Vous pouvez apprécier la compagnie du braque qui ne s’éloigne pas de son maître, aimer l’épagneul, il connut son heure de gloire. Laurent Maljan avait jeté son dévolu sur le setter anglais, ce quêteur d’absolu, dévoreur d’espace, à la beauté limpide, lorsqu’il court dans l’herbe haute, par exemple à Belle île, et que vous ne voyez que cette silhouette noire et blanche qui semble voler.

Orcade, ce chien exceptionnel, qui pouvait chasser à fond trois jours d’affilée, était la terreur des chiens de mes amis. C’était le chef et il n’acceptait pas la concurrence. Quand il mourut, rongé par l’arthrose, je fus très triste mais il fallait abréger ses souffrances.

Très vite, il y eut Cheyenne, jolie demoiselle belton, qui se déclara à six mois. Je ne parle pas d’un arrêt mais d’une série de trois dimanches à trois bécasses. C’était extraordinaire de voir cette frêle jeune fille, courir ou danser sous la lande, et marquer des points à chaque sortie.

Cheyenne avait tellement de qualités : un nez hors du commun et un caractère très docile, et le maître tellement d’exigences, qu’il décida de la faire monter. Ce fut Brando de l’écho de la forêt, grand champion, propriété d’un dresseur exceptionnel Daniel Provost.

La mise à bat fut très difficile, je la raconterai plus tard, et il n’y eut qu’un survivant sur une portée de sept chiots, que Karine, ma femme, et moi, élevâmes au biberon, en attendant que la brave Cheyenne, que nous faillîmes perdre, ne se rétablisse.

Le fils de Cheyenne, je m’étais juré de n’avoir que des chiennes, s’appelle Inouk. C’est aujourd’hui un grand setter belton comme sa maman, qui marche très fort, avec un arrêt couché, spectaculaire, qui m’oblige à beaucoup de vigilance puisque qu’il disparaît à ma vue lorsque la clochette s’arrête.

Voilà pour ce qui est des personnages centraux ; mais vous aurez l’occasion, en lisant le journal, de faire la connaissance de nombreux autres acteurs des tribulations d’un chasseur de bécasses.