Après une belle saison à Belle Ile, en compagnie de Cheyenne et Inouk, mes fidèles setters, j’ai retrouvé Poncalleck pour l’ouverture de la chasse. J’attendais avec impatience ce rendez vous. J’ai tant aimé cette vieille forêt. Ses arbres et leur ramure, ses couleurs, le chant du Scorff, que j’avais quitté le temps d’une année.
Imaginez mon émotion lorsque j’ai abordé la descente vers la maison forestière. Revoir le rond-point et le fameux parking, lieu de nos rendez vous de battues. J’ai entendu les consignes, comme si c’était hier. La cheminée fumait, quelques véhicules occupaient la cour, comme avant. Comme avant, les coffres ouverts laissaient apparaître quelques soldats, setters, épagneuls, prêts à en découdre. Ce furent d’ailleurs les premiers à me reconnaître. Il y avait Dim, la bonne amie de ma chienne Cheyenne, cette paire inoubliable, qui firent les belles heures de Villeneuve. La petite Java, la dernière arrivée, et bien sûr Dollar, un chien qui ne s’en laisse pas compter.
Mais ce n’était rien !
Car, une fois poussé la porte du relais, j’ai entendu la voix de mon ami Jacky. Oui ! Le Jacky, le grand ordonnateur de cette vieille forêt, que j’ai embrassé sur les deux joues. JP, mon vieux braconnier, pêcheur de saumons, grand adorateur de la Mepps (les initiés sauront), et les autres. Quelques nouveaux, il en faut ! Stephbro junior et un basque, un vrai, avec l’accent, amoureux du ruguebi, et des bécasses, bien sûr.
Sont elles arrivées ? Car, c’est la, la seule et l’unique objet de nos préoccupations. Et bien, je dois vous dire que non ! Des arrêts à vide, quelques fantômes, de ceux qui partent dans votre dos, et que vous ne reverrez pas.
Bref ! Comme un 4 novembre ! Beaucoup trop tôt vous diront les connaisseurs. Il faut attendre ! Rien ne presse quand il s’agit d’une relation amoureuse ; je veux parler de ce couple un peu particulier entre une belle demoiselle et un chasseur.
Je fus ce chasseur, le temps d’une matinée, retrouvant, je vous le disais, avec un évident plaisir, la vieille forêt. J’ai donc foulé la fougère encore sur pied, écrasé les ronces, et je me suis aventuré sur les pentes ; ces horribles pentes, où mes chiens avaient décidé de m’emmener, et de me faire courir, en vain, les gredins !
Vous l’avez compris ! Pas de bécasse au tableau mais le plaisir d’une belle journée !
Quand j’arrivai au relais, épuisé mais heureux, les amis m’attendaient. Ceux dans les coffres de voitures ouverts, qui semblaient vouloir me dire, et toi t’en as vu ? Et ceux du relais, mes bons vieux amis, un verre à la main, se racontant des histoires de chasseurs, ces bonnes vieilles histoires, toujours les mêmes, de chiens extraordinaires, et de bécasses, ces sorcières, qui, comme de belles demoiselles, sauraient se faire attendre.