Le 20 septembre 2015,

Après une après midi de pêche, hier, dans les Poulains à traquer le bar, j’ai renoué ce matin avec ma passion de jeunesse, la chasse. Comme tous les ans, je suis passé prendre le camarade Jean-Pierre, vieux bécassier, et pêcheur de castillons, vous savez ces jeunes saumons qui tirent leur révérence en sautant hors de l’eau, sur l’Ellé. Il fut parfait.

Castillon, belle-îleIl a au compteur nombre d’ouvertures mais il garde la foi d’un jeune chasseur. Prêt dès l’aube, il m’a appelé alors que je réunissais péniblement, dans l’obscurité, après la troisième alarme, mes affaires. Ce n’était pas une bonne idée, votre épouse  ayant décidé de faire une grasse mat. Mais bon ! C’est  fait ! Vous avez démarré la voiture de la dame dans le lit, avez récupéré votre ami, en essayant de faire rentrer dans le coffre de la twingo trois setters plus énervés que leurs maîtres, vous êtes mis d’accord  sur le lieu de la chasse, là où doivent se trouver une compagnie de perdrix et plusieurs escouades de faisans, le résultat de discussions opiniâtres, et vous avez réussi à garer la petite voiture à l’entrée d’un champ, en attendant l’heure de l’ouverture puisque, comme d’habitude, vous êtes en poste une demie heure avant.

Ce fut une bonne journée, le genre de journée que vous attendiez depuis longtemps. D’abord cette matinée avec votre ami à parler de chasse, du comportement des chiens, de Dim , de Java et de la vieille Uppie, qui malheureusement ne peut plus faire la traversée, cette chienne qui réunissait toutes les qualités du setter, rapidité, puissance, nez exceptionnel, et qui se livra pendant quelques saisons, à un duel mémorable avec Orcade. Et cette après midi tranquille, avec un petit soleil, au dessus de port puce, seul, avec madame Cheyenne, fatiguée mais toujours vaillante, avec ces arrêts fermes et cette quête, malgré les ans, aérienne.

Ce fut une sacrée bonne ouverture, avec de la sueur, des émotions et des coups de feu ; avec des rires et toujours les mêmes histoires à raconter.