A court d’idées et au dernier moment, comme tout un chacun, nous avons décidé de prendre la voiture et d’aller voir, en deux ou trois étapes, le musée Soulages à Rodez, qui fit grand bruit lors de son inauguration.

 

1er jour : Albi

 

C’est beau !

C’est vrai, la couleur de la brique sur les eaux limoneuses du Tarn, même sous la pluie, c’est joli. La cathédrale Sainte Cécile, avec ses gargouilles et sa masse imposante, ça jette.

Et puis, il y a le musée Toulouse Lautrec. Un grand moment. C’est comme si vous étiez au bordel.

Bon ! On s’y est repris à deux fois. La première, c’était à 17H10 le mercredi. On savait qu’on était un peu court puisque le musée devait fermer à 18H00. Mais ça paraissait faisable ; sa peinture, il me pardonnera, n’étant pas d’une grande complexité. C’était sans compter sur le préposé aux billets qui m’a expliqué qu’il fallait une heure et demie pour la visite et que ça ne servait à rien.

Nous l’avons écouté ! Et nous avons bien fait. Quel travail ! Il faut voir ses affiches ; quelle modernité ! Son trait est d’une grande sureté et d’une grande économie. Appréciez le nombre de coups de pinceaux pour cette « femme laçant son corset ».

Mais le rose des briques et les relations de Toulouse Lautrec avec les dames ne sont rien à côté de la visite du musée consacré à l’explorateur Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse.

D’abord, venant d’une région baignée par les océans, vous êtes surpris de trouver à Albi, un musée dédié à un marin.

Une fois le seuil franchi, c’est une heureuse découverte qui vous attend.

Le suspens bien sûr ! Le mystère, même si les épaves ont été retrouvées, demeure. Est il mort dans le naufrage ? A-t-il survécu ? Etait il des rescapés qui vécurent sur Vanikoro, dont le dernier mourut peu avant l’arrivée du navigateur Peter Dillon ?

Mais ce qui est le plus frappant c’est la communauté de destins entre le roi Louis XVI et l’explorateur. La Pérouse fait naufrage en juin 1788, son expédition de trois années s’arrête sur un atoll mélanésien, Louis XVI, son commanditaire, convoquera les états généraux en 1789, année du commencement de sa chute, pour finir sous la guillotine en janvier 1793. Avant de monter à l’échafaud, le roi demandera aux représentants de la convention si d’Encastraux, parti à la recherche de La Pérouse, a donné des nouvelles.

Il faut lire les lettres du navigateur, apprécier sons sens du devoir, son humanité envers ses hommes. Il faut saluer sa mesure et son esprit critique vis à vis des peuples qu’il rencontre sur sa route; avec une pensée triste pour la belle Eléonore, qui l’aura tant attendu.