Le 18 octobre 2015,

Allez, une fois n’est pas coutume ! Je ne vais pas vous parler de lièvre, perdrix ou bécasse (qui serait bien arrivée, de source sûre…), mais de lecture. Non pas que j’ai délaissé Madame Cheyenne qui rongeait son frein depuis une semaine pour me plonger dans un bouquin mais j’ai souvent remarqué que beaucoup de chasseurs sont des grands lecteurs.

Il m’est ainsi parfois demandé ce qu’il faut lire dès lors que l’on s’intéresse à la chasse.

Quels sont les auteurs à conseiller ?

La liste est imposante mais j’ai une préférence pour les auteurs qui considèrent la chasse comme un prétexte pour aborder les thèmes chers à notre espèce : l’amour, l’amitié, et la mort…

Si je devais vous proposer une sélection rapide, je citerai très rapidement : Guy de Maupassant, Tourgueniev, Ernest Hemingway, et Jim Harisson.

Maupassant pour les contes de la bécasse. C’est le taureau normand, avec un souffle d’écriture inégalé. On sent qu’il débite facilement et qu’il raconte ce qu’il a vécu : les femmes mais aussi la chasse, et en particulier la chasse à la mordorée. Personne n’oubliera le vieux comte des Ravots et le bec de la bécasse tournant sur un bouchon afin de désigner le gourmet qui aurait le privilège de faire griller et de manger les têtes rôties. Vous vous apitoierez peut être sur ce cochon de Morin, qui ne mérite pourtant guère votre pitié, victime de ses propres turpitudes. Mais vous ne serez pas insensible à la Farce normande, ou à la Peur, le reflet de ses vices, le miroir de ses tourments.

Avec Tourgueniev, changement de pays, et de régime. Vous accompagnerez le barine sur ses terres ou sur celles de ses amis. C’est une belle écriture, très classique avec beaucoup de détails sur la vie rurale au temps des tsars. Les personnages sont bien décrits, les paysages bien rapportés. Vous verrez ces immensités de bouleaux, et peut-être entendrez vous la chanson de Lara, ou « plaine, ma plaine… ».

Hemingway, sacré personnage, chasseur, pêcheur, père de nombreux écrivains, l’auteur du Vieil homme et la mer. Derrière ses excès, il y a une force de travail, une intelligence d’écriture exceptionnelles. Il raconte les aventures qu’il a vécues, la guerre d’Espagne, ses chasses en Afrique, la pêche à Key West. C’est un écrivain majeur. Il suffit de lire les neiges du Kilimandjaro, une nouvelle, pour vous en convaincre.

J ‘intégrerai à ma très short list le grand Jim Harisson, avec une densité d’écriture incroyable. Je vous conseille de lire simplement Légendes d’automne, et pourquoi pas de vous reporter au chapitre consacré à la chasse et à la pêche dans En marge.

Il en manque, me direz vous ! Bien sur, il en manque et non des moindres : le grand Vincenot, Maurice Génevoix, et pourquoi pas Jim Fergus avec Espaces sauvages, où, nous suivons ses pérégrinations, à la chasse, sur le territoire américain, en regrettant que son compagnon ne soit pas un chien d’arrêt, mais quelle belle ballade.

Un petit dernier ? J’ai beaucoup chassé la bécasse, et j’aimais lire, au  plein de la saison, après une bonne journée, quelques pages des Secrets d’un bécassier de Daniel Raffejeaud, illustre inconnu au bataillon des scribouillards mais vrai chasseur.

Bon, pour en terminer ! Tout le monde a sa petite bibliothèque du chasseur en tête, ses préférences, sachant que chacun, à la manière d’un écrivain, chaque dimanche, écrit les plus belles pages de la grande histoire des hommes, de leurs chiens, et des animaux qu’ils poursuivent, dans leurs derniers retranchements.